•  

    Dis donc, toi le vieux, puisque ça fait plus de cinquante ans que tu manges bio, dis-nous voir ce que tu en penses !

     

    Le bio, vous voulez que je vous dise ce que j’en pense du bio ?

     

    Alors, pour faire court :

     

    Il y a le bio, le bio moins cinq, le bio moins le quart et le bio mon cul.

     

    Pour prendre le problème au commencement, en ce qui me concerne, l ‘association Nature et Progrès, qui promut largement le concept de qualité biologique fut créée en 1964 et j’adhérai en 1965 en payant ma cotisation et en bannissant de ma table ce qui n’était pas bio.

     

    Le bio, cela voulait dire des produits alimentaires dépourvus de molécules de synthèse mais aussi porteurs de vitalité. Et comment décrète-t-on qu’un produit est bio ou ne l’est pas.

     

    Les fondateurs voulaient fonder le concept de qualité biologique sur des mesures objectives, scientifiques. Et aux premiers congrès de Nature et Progrès,  des chercheurs scientifiques étaient invités, s’exprimaient. Ainsi ai-je connu la bio-électronique de Louis-Claude Vincent, les transmutations biologiques du professeur Kervran, deux approches novatrices et révolutionnaires : elles le sont toujours, même si on les oubliées au placard des idées gênantes.

     

    Car, dès la fin des années soixante, sous prétexte de faciliter la conversion des agriculteurs vers les pratiques biologiques, fut introduite la notion de cahier des charges, c’est-à-dire l’exposé de toutes les conditions d’obtention de cette qualité biologique. La qualité biologique n’était plus constatée à partir d’une mesure objective, mais elle était décrétée sur la foi du respect du cahier des charges. Au fil du temps, les cahiers des charges ont évolué vers toujours plus de laxisme, par exemple un pourcentage d’intrants (tourteaux de soja dans l’élevage, etc..) dans le processus de création de l’aliment. De nos jours, les cahiers des charges permettent une véritable agro-industrie (songez aux usines de poules pondeuses).

     

    Dans la plupart des cas, le bio des magasins et grandes surfaces est seulement moins pire que la bouffe dite conventionnelle ou malbouffe.

     

    N’oubliez jamais l’essentiel : la trahison initiale, c’est d’être passé du bio constaté au bio décrété. Il y a des dérives hallucinantes comme le lait bio UHT : stérilisé à ultra-haute température, toute vie est morte : quelle vitalité transmet-il ? Aucune !

     

    Pour le dire abruptement, l’idée initiale a été récupérée par la société du mensonge : le ver est dans le fruit (vieille histoire).

     

    J’ai toujours voulu acheter au plus près possible du producteur. Je veux le connaître, je veux savoir comment il travaille de A à Z, j’ai besoin d’avoir confiance en lui. Si je n’ai pas confiance, je vais voir ailleurs. Hélas, pour certains produits transformés, je dois parfois me contenter de ce que je trouve sans pouvoir vérifier.

     

    Le discours officiel sur le bio a beaucoup varié. Dans les années 60, c’était si marginal que si on en parlait, les gens rigolaient ; dans les années 70 et 80, on en a dit pis que pendre et bien sûr que c’était un gadget pour bourgeois en mal de distinction. Dans les années 90, le bio s’était étoffé et croissait, les gens d’affaires ont vu là une « niche » commerciale permettant de meilleures marges financières. Dans les années 2000, l’engouement est croissant et la production, toujours freinée par le pouvoir politique (du moins en France), est de plus en plus captée par l’agro-industrie.

     

    Ceci est très complexe. D’abord le concept bio correspond à la mentalité moderne, positiviste pour ne pas dire matérialiste. Ensuite la biodynamie, née d’une autre approche du monde et de la vie axée sur la vitalité de l'aliment. Je ne parle pas de la cosmoculture et autres trouvailles. Et puis, face à des paysans souvent consciencieux et qui offrent des aliments irréprochables, toute la meute des opportunistes bien garantie par le fait que l’appellation officielle, le label AB, autorise toutes les tricheries.

     

    Dites donc, les gars, je pourrais vous en parler jusqu’à demain du bio mais là j’arrête j’ai soif. Qui me paie un verre ?

     


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  • Depuis des années, j'achète des livres aux ventes de charité de la société St Vincent de Paul. Entre trois et vingt livres par mois... Ils valent de 0,50 € pièce à (rarement) 20 € pour les plus beaux, mais le prix moyen est de 2 €. Je me suis offert à bon compte quelques éditions de luxe, reliées cuir, de nos grands classiques (dont les oeuvres complètes de Jean Racine, édition du dix-neuvième siècle sur beau papier) et surtout des livres d'histoire fondamentaux, des essais, des romans, etc...

    Ce qui devait arriver est arrivé : depuis trois ans, mes rayonnages sont archi-pleins, je ne sais plus quels titres je possède... Horreur : il m'arrive de racheter un ouvrage que j'ai déjà, car des cartons d'ouvrages non classés s'accumulent dans diverses pièces de la maison. Ma népouse, avec raison, m'a interdit tout rayonnage supplémentaire tant que je n'ai pas mis d'ordre dans tous mes papiers, tâche pour l'instant insurmontable... Aussi, depuis environ un an, je me défais des doublons que j'identifie et des ouvrages dont je suis sûr que je ne les lirai pas. Car j'emprunte régulièrement des livres aux bibliothèques publiques (vivre dans une ville universitaire, c'est vivre dans la richesse documentaire !). Et dans la maison je possède pas moins de trois mille livres et ce chiffre est largement sous-estimé. Circonstance aggravante : mon "argent de poche" mensuel de 120 € est consacré presque exclusivement à l'achat de livres. Maintenant que j'ai tous les titres édités par Diane de Selliers (j'ai souscrit au dernier, les "Triomphes" de Pétrarque), je complète en "Pléïade" mes classiques ! Cinq neufs par an, chez mon libraire, et davantage sur le marché de l'occasion, notamment via internet (Rakuten).

    Faire de la place est une nécessité. Depuis un peu plus d'un an, je donne chaque mois à la société St Vincent de Paul un carton contenant de cinq à vingt livres et j'espère ainsi dégonfler mon stock et aérer mes rayonnages.

    Dans ce contexte, j'ai réalisé samedi un accord exceptionnel avec le société St Vincent de Paul. Faisant valoir que je rapportais et donnais plus de livres que je n'en emmenais, j'ai proposé à Paule, la caissière, de verser un forfait mensuel de dix euros et d'emporter les livres que je désirerai. Elle en fut d'accord, car nous sommes devenus amis au fil du temps et nous avons mutuellement confiance : d'ailleurs, si j'étais plus valide, je ferais partie de l'équipe de bénévoles qui assure la réception des livres, leur tri et leur mise en place (ce qui me permettrait aussi d'être bien placé pour faire mon choix !).  je pense d'ailleurs que jusque-là, je payais plutôt 15 € en moyenne à chaque passage... et maintenant il y a deux ouvertures par mois au lieu d'une, et je n'en rate aucune, évidemment. Le lieu de vente, riche de plus de 20 000 volumes, est à quelques centaines de mètres de notre domicile, comment aurais-je pu rater cette opportunité ? 

    Je suis donc un grand chanceux ! Bon, j'arrête l'écriture de ce texte, il faut que j'aille voir si je ne peux pas ajouter un titre ou deux au carton de livres à donner, il n'en contient que deux encore mais j'ai encore douze jours pour le remplir ! Je suis bien conscient de la quasi-impossibilité de lire trois mille volumes dans le temps qui me reste à vivre. En moyenne, calculée sur six mois, je lis trois livres par semaine. En un an, cela ne fait que cent cinquante volumes (et les "Pléïade" ralentissent le rythme). Admettons qu'il me reste vingt ans de pleine conscience et de bonne vue, cela donnera trois mille... à partager entre les livres empruntés et les miens. J'arrête, j'ai le vertige !


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  • Qian m'a demandé : "Combien as-tu de livres ?" Je lui ai répondu : "3000" ! Elle  écrivit ensuite un texte amusant me présentant et dans lequel elle assure que ma bibliothèque compte "totalement" 3000 livres. Je transmet ce texte à ma correspondante Radiya qui, par retour du courrier, m'interroge : "As-tu vraiment 3000 livres ?". Me voilà confus...

    Un jour, j'ai fait une estimation rapide du nombre de livres en ma possession. Cela à partir du nombre moyen de livres par rayonnage multiplié par le nombre de rayonnages. Mais tous mes rayonnages n'ont pas la même longueur ; en outre, beaucoup de livres sont dans des cartons et je ne les ai pas pris en compte dans mon estimation ! Donc ce nombre de 3000 livres ne correspond qu'à une estimation basse et je crains que le nombre exact se situe entre 4000 et 5000 ! Que n'ai-je commencé le catalogage de ma bibliothèque, en ma verte jeunesse, dès lors que j'achetai des livres ? Et les revues ? J'ai des piles et des cartons entiers de revues diverses !

    Depuis quelques années, je note mois par mois les titres des ouvrages que j'acquiers. Je viens de vérifier ceci : en 2017  j'ai acheté 162 livres, et déjà 115 du 1er janvier au 21 juillet 2018... En regard, je me suis défait d'un peu plus de 70 livres depuis le 1er janvier 2018. Cependant mon épouse refuse catégoriquement de me permettre un rayonnage de plus... Il y a là un problème !

    Le pire est que je ne puis lire à mesure tous ces livres que j'achète ! Jusqu'à l'an passé, j'en lisais en moyenne 3 par semaine. Mais depuis mes incidents de santé des derniers mois, je lis beaucoup moins, et j'ai tendance plutôt à relire des livres que j'ai aimés. Pourtant, je craque quand je trouve sur internet les deux tomes d'Au bord de l'eau, en Pléïade et à l'état quasi-neuf,  pour 50 € !, quand Gallimard les vend 120. Je les ai déjà lus, prêtés par la bibliothèque publique. Mais je sais que je les relirai tant ils m'avaient ravis. J'aurais pu les réemprunter, mais non, je n'ai pu m'empêcher d'acheter, et voici le vice ! Ou plutôt la compulsion d'achat. Voilà une preuve de comportement pathologique, j'en pourrais citer bien d'autres. Cette conscience ne m'empêche pas de continuer d'acheter, essentiellement en occasion, chaque fois que je trouve, pour un prix dérisoire et à l'état quasi-neuf, tel ou tel chef d'oeuvre... Ainsi, ce matin, à une des ventes de charité de la Société Saint Vincent de Paul, ai-je acquis (entre autres), dans la collection Thesaurus éditée par Actes Sud, les oeuvres de Théodore Monod (4 €) et, dans la collection BOUQUINS, l'essentiel des oeuvres de Théophile Gautier (5€). Sans doute les lirai-je, mais quand ? Donc, cette conscience (cette "mauvaise conscience") ne m'empêche pas de céder à la compulsion d'achat. Je devrai en parler à mon psychiâtre...

     


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  • Les médecins de l'hôpital ont noté en gras sur ma fiche :

    sevrage tabagique. Soit ! Mais un sevrage peut être immédiat, c'est-à-dire brutal et alors représenter une violence, ou bien être progressif et géré avec prudence. Déjà fortement secoué par mon passage aux urgences puis en cardiologie, par la prise biquotidienne de médicaments puissants et perturbants (causant notamment des troubles du sommeil et en conséquence des moments de grande fatigue et de somnolence diurne, j'espérais un sevrage progressif. Mais mon ange gardien a retenu la seule option du sevrage immédiat ! Le médecin de famille, soucieuse de me préserver d'une dépression nerveuse dans cet épisode traumatique, a plaidé pour m'autoriser une pipe par semaine, ce à quoi mon ange gardien a consenti et ce à quoi je me suis résigné les deux premières semaines. Mais c'est très dur ! Je ne suis pas dépendant, car je ne ressens pas les fébrilités de "l'état de manque" (mon tabac de la Semois est libre de tout conservateur comme de tous additifs : lesquels sont addictifs !) mais sur le plan psychologique fumer ma pipe m'assure une détente profonde. Mon ostéopathe préférée, ma chère Magali, après m'avoir longuement écouté, estime que deux pipes par semaine seraient plus efficaces pour réussir en douceur cette période de sevrage, en un mois ou deux. Comme mes moments de fumage sont incontrôlables la plupart du temps, je fumerai donc quand j'en sentirai le besoin. Le vrai problème est ailleurs. Comme l'a exprimé jadis la shamane catholique Hildegarde de Bingen, ai-je vraiment la volonté de me libérer du démon qui me chevauche ? Et le tabac n'est qu'un petit attribut de cette possession démoniaque !


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  • Je viens de passer quelques jours à l'hôpital : entré aux Urgences vers deux heures du matin, le 2 mars 2018, alors que j'étais seul à la maison, aussitôt perfusé, électrocardiogrammé etc..., puis placé en soins intensifs dans une chambre douillette au 20ème étage (cardiologie), je suis revenu à la maison vers 17 h le lundi 5 mars, lesté de deux "stents" et d'une ordonnance longue comme un jour sans pain, réputée être "à vie" !

    Grand merci au système médical français, tout imparfait qu'il soit ! Je suis vivant, la vie est belle ! Décidément, je suis abonné à l'hôpital. Déjà j'y passai le dernier Noël ! Je le fréquentai surtout durant les années 80, quand je souffrais d'hypertension artérielle, plus sévère d'année en année en dépit des traitements. Elle était dite "essentielle" par les gens de métier, appellation masquant leur ignorance de la cause ! Comme toute chose a une fin, logiquement la fin serait soit la mort du malade, soit sa guérison. Un médecin fut enfin plus malin que les autres et ce fut la guérison, en 1988... mais ceci est une autre histoire. 

    J'ai horreur du CHU. Celui de Caen est un monstre de béton gris haut de 21 étages. Les fenêtres existent mais on ne peut les ouvrir, l'air est renouvelé par une soufflerie au plafond des pièces, elle fonctionne jour et nuit, allez dormir avec çà ! J'ai toujours ressenti le lieu comme lugubre et totalitaire. Mais je reconnais la compétence médicale de la plupart des médecins auxquels j'ai eu à faire. Quant à l'hôtellerie, elle est industrielle et tout sauf appétente : mieux vaut n'en pas dire davantage.

    Je suis donc heureux de vous annoncer que je suis à la maison, livré aux soins affectueux et rigoureux de mon "ange gardien fait femme". Je tisonne à nouveau mon feu (le luxe de mes vieux jours, avec l'enrichissement de ma bibliothèque). Seule ombre au tableau : le prétendument nécessaire sevrage tabagique... mais bon ! Je m'en remettrai, et je ne vais certes pas congédier du jour au lendemain mon harem de pipes... Un sevrage peut être progressif, non ?

    Depuis 2016, j'organisais ma progressive désocialisation. Elle a bien failli être totale mais le sursis est prolongé : évidemment, il faudra bien mourir un jour. J'attends ce jour sans crainte : le grand confort de mon ermitage urbain assure mon bonheur, et j'ai tous les livres qu'il faut pour satisfaire mes désirs d'évasion et de Qulture. Peut-être voyagerai-je une dernière fois aux lieux de ma jeunesse, en Bourgogne et en Provence, visiterai-je mes parents et amis. Je l'espère mais ne sais quand. Aussi, si vous pensez venir toquer à ma porte, prévenez bien à l'avance pour ne pas risquer de faire "chou blanc" ! Sachez que je serai toujours heureux de vous accueillir. Par avance, vous êtes bienvenu(e)s...

    Pierre Paillard


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